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Lucien Fontanarosa (1912-1975)

En décembre 1912, Lucien Joseph Fontanarosa naît à Paris de parents italiens. Le lieu même de sa naissance est un hasard, ses parents originaires de Padoue n’étant passés par la France que pour pouvoir émigrer aux États-Unis. Son enfance se passe entre Padoue et Belleville, arrondissement populaire de la capitale où réside une forte communauté italienne, lien culturel que l’artiste revendiquera toute sa vie.

Biographie de Lucien Fontanarosa

En 1923, la famille Fontanarosa, maintenant forte de trois enfants, s’installe définitivement à Paris où Lucien au détour d’une rue s’émerveille devant une toile que le peintre Antral exécute en plein air.

En 1925, Lucien Fontanarosa, à l’âge de 13 ans, demande sa naturalisation pour devenir français. Elle lui sera accordée la même année.

En 1927, après quelques études de moulage, il s’oriente vers la section Peinture et s’inscrit à l’école Estienne avec Beaumont pour professeur de dessin et Joly pour la gravure qu’il exerça avec talent.

En 1931, un concours réussi et doté d’un prix lui permet de visiter la Tunisie. À son retour, Lucien Fontanarosa est accepté dans l’atelier de Lucien Simon où il se lie d’amitié avec Brayer, Humblot, Despierre, Rohner. Cette même année il expose à Paris, à la galerie  » L’Archipel  » en compagnie d’Oguiss et de Mané-Katz.

En 1937, l’obtention du Prix de Rome lui offre la possibilité d’un séjour à la Villa Médicis à Rome où il restera durant deux ans en compagnie d’Annette, camarade d’atelier, qui deviendra son épouse.

En 1938, Fontanarosa envoie 10 toiles à Paris qui seront exposées au Musée de l’Orangerie.

En 1939, à la guerre, il est mobilisé dans l’infanterie.

En 1940, en désaccord avec son œuvre, Fontanarosa détruit nombre de ses peintures précédemment réalisées, malheureusement sans nous laisser d’écrits pouvant motiver ce choix.

En 1942, survient la naissance de Patrice, son premier fils, qui deviendra violoniste puis en 1944 naît sa fille Frédérique pianiste qui précède de deux ans l’arrivée de Renaud (1946) violoncelliste. Premier achat par l’État pour le Musée d’Art Moderne.

En 1945, Fontanarosa entreprend une activité régulière d’illustrateur d’ouvrages littéraires ou de livres d’art.

En 1947, il renonce à exposer dans les salons parisiens pour préférer la Galerie Chardin, rue de Seine.

En 1955, succédant à Edgard Maxence, Fontanarosa est élu membre de
l’Académie des Beaux-Arts (Institut) section peinture. Plus jeune membre de cette noble assemblée, l’artiste siège dans le fauteuil qu’avait occupé avant lui Eugène Delacroix.

En 1956, il expose à la galerie Malborough de Londres.

En 1957, l’artiste choisit d’exposer dans trois salons : le salon Les peintres témoins de leur temps, le Salon des Tuileries, et le Salon Comparaison. Malgré le succès de l’art abstrait et bien qu’il fût troublé par cette nouvelle forme d’expression, Fontanarosa choisit de rester fidèle à la figuration, plus conforme à sa forme de sensibilité.

En 1958, la famille Fontanarosa visite la Provence et la lumière méditerranéenne envahit ses toiles. La même année, Lucien Fontanarosa se voit proposer le statut de professeur de dessin et peinture à Polytechnique. Il accepte cette demande sous réserve que cet enseignement facultatif devienne obligatoire. On doit à l’artiste l’introduction dans ses cours du modèle vivant. Il démissionnera de son poste en 1972 jugeant que le cours de dessin, redevenu optionnel après 1968, ne lui permettait plus d’accomplir sa tâche.

En 1960, Fontanarosa acquiert une maison de famille en Provence, pour y vivre comme pour y peintre au calme en harmonie avec les éléments de la nature.

En 1964, il crée pour la Banque de France le billet de 500 F (Pascal), en 1965 le billet de 100F (Delacroix), en 1967 le billet de 50F (Quentin de La Tour) et en 1969 le billet de 10F (Berlioz).

En 1973, le Palais de la Méditerranée à Nice présente sur ses cimaises une rétrospective de 150 œuvres de Fontanarosa.

En 1974, l’artiste réintègre le Salon des Tuileries qu’il avait auparavant délaissé.

Par la suite, la galerie Bernheim-Jeune, dont les cimaises ont présenté tant d’artistes historiques, Renoir, Modigliani, Matisse, Cézanne, Van Gogh, Van Dongen…, exposera Fontanarosa en permanence jusqu’à sa cessation d’activité en 2019. L’artiste qui décède subitement en 1975 recevra les témoignages d’affection et l’hommage de nombreux peintres et écrivains. Gilbert Cesbron écrit à l’occasion :

J’ai reçu la mort de Lucien Fontanarosa comme une blessure, une douleur, une injustice. Comme un contresens aussi : pour des milliers d’entre nous il incarnait le bonheur ; le bonheur ne devait pas mourir. Il me semblait que le monde entier, les fleurs, les fleuves auraient dû prendre le deuil. Un soleil s’éteignait : nous avions froid soudain. Je ne parle pas peinture ici, pas seulement peinture.  » On est de son enfance comme d’un pays », a écrit Saint-Exupéry. Nous étions de Fontanarosa comme d’un pays. C’est tout un continent qui vient de disparaître ; ou plutôt une saison : un été perpétuel, mais tout imprégné de la farouche liberté du printemps et déjà teinté par le pathétique de l’automne. C’était cela, la saison de Fontanarosa. Jusqu’à la fin de nos jours, elle manquera à notre calendrier.

En 2013, un hommage solennel sera rendu à Lucien Fontanarosa au grand amphithéâtre de la Sorbonne à l’occasion du centenaire de sa naissance.

Sources : Association-Lucien-Fontanarosa ; monographie  » Le Soleil sur la
Terre  » en 1977 ;  » Le Chant des saisons  » en 2013.

Œuvres et critiques de Fontanarosa

Fontanarosa a collaboré à de nombreux ouvrages réalisant des couvertures pour le Livre de Poche ou des gravures pour illustrer des livres d’art.

Pierre Mac Orlan définit ainsi sa collaboration d’écrivain avec l’artiste :

C’est un exégète qui sait compléter un livre en s’incorporant avec une sensibilité très personnelle dans la vie présentée par l’écrivain. Les expériences du peintre sont efficaces : quand il peint une fille de Rouen, ce n’est pas celle du vieux port de Marseille, ni celle de Limehouse. C’est un témoignage incomparable de l’intelligence, de l’honnêteté visuelle de l’artiste.

L’œuvre sensible de Fontanarosa tient en partie à son caractère, lui qui ne peut poser son regard sur un être humain sans chaleur et sans amitié.

Dans l’ouvrage qui lui est consacré en 1977 il est ainsi décrit :

On a parlé de son caractère aimable, enjoué, de sa bonté. Tout cela est vrai, comme sont vrais également sa lucidité, sa clairvoyance, un sens aigu des êtres, une intuition fulgurante reliée à une sensibilité extrême qui lui faisait
percevoir les choses avant même de les analyser.

Le peintre Hans Hartung qui succède à Fontanarosa à l’Institut en parle ainsi lors d’un hommage en 1977 :

Fontanarosa a exprimé, dans sa simplicité et sa tonalité, la joie de vivre. Sa vie en France, ses voyages […] avaient nourri son art. […] Il a évoqué avec un mélange de tendresse et de vigueur la grâce de l’adolescence, la beauté et la sensualité du corps féminin. Il a su également saisir et fixer la mobilité d’un geste, la vivacité, la profondeur d’un regard, l’animation d’un groupe de danseuses ; manifestement mélomane, il se plaisait à peindre des musiciens. On sent dans de nombreux tableaux la composition picturale suivre un rythme musical. Fontanarosa a choisi également pour thèmes de merveilleuses natures mortes et de lumineux paysages vénitiens ; tout cela avec une palette dont la gamme, en restant classique, garde une fraîcheur étonnante. Si une certaine nostalgie n’est pas absente des tableaux de Fontanarosa, il m’apparaît pourtant, en définitive, comme un peintre du bonheur.*

Mercier & Cie et Lucien Fontanarosa

En mars 2021, notre étude a réalisé une vente regroupant de nombreuses œuvres de Fontanarosa. Cette vente a, par un heureux hasard, réunit deux créateurs de monnaie, billet et pièce, l’un résolument figuratif, Lucien Fontanarosa, l’autre abstrait, Georges Mathieu.

Symbole d’une nation, de son génie culturel, l’esthétique de la monnaie est confiée à un artiste qui y imprime sa marque. Pour Fontanarosa, Berlioz, Quentin de La Tour, Delacroix, Pascal sont des personnages emblématiques de la pensée française qui n’ont d’autre but que celui de montrer le chemin de la liberté.

L’histoire de la monnaie se confond ainsi avec celle du pays, avec le progrès des techniques et avec l’évolution des goûts esthétiques.

Oeuvres de Lucien Fontanarosa

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